Durant la période gauloise, l'emplacement d'Anet faisait partie du territoire des Carnutes, peuple qui occupait le pays compris dans les diocèses de Chartres, de Blois et d'Orléans, tels qu'ils existaient avant 1790. Le pays des Carnutes était alors presque entièrement couvert de forêts : Anet était compris dans la forêt de Crotais - aujourd'hui de Dreux.
Sous les Mérovingiens (VIe siècle), les forêts s'éclaircirent, la cité des Carnutes, plus peuplée, se divisa en plusieurs pays (pagi) gouvernés par un comte. Les textes anciens mentionnent comme ayant été démembrés de la cité chartraine les pays suivants : la pagus cartonensis (le pays chartrain), le pagus dorcassinus (pays drouais), le pagus meduntensis (le mantois), le pincerais, le vendomois, le dunois, le perche et le Thimerais. Aux dépens des cités de Chartres et d'Evreux se forma le pays de Madrie (pagus madracensis) dans lequel Anet commença à se peupler.
Sous les Carolingiens, le pays de Madrie est souvent mentionné à propos des Missies (légations instituées pour l'inspection des provinces). Le pays de Madrie et le Maine sont réunis aux sept pays qui ont formé, un siècle plus tard, la Normandie. Après l'invasion normande, le pays de Madrie fut incorporé à la Normandie ; Anet passa sous la domination des Comtes d'Evreux et n'eut de seigneurs particuliers que dans les siècles suivants.
Anet entre dans l'histoire avec Philippe-Auguste, fils de Louis VII, roi de France, que son père associe au trône en 1179, à l'âge de 14 ans. On trouve en effet dans les ordonnances du Louvre des lettres de Philippe-Auguste données à Anet en 1192, la 13e année de son règne, par lesquelles il exempte les habitants d'Anet, comme étant de sa juridiction immédiate, de tous droits de péage et d'impôt. Ses successeurs, Louis VIII, Saint-Louis, Philippe le Hardi et Philippe le Long possédèrent Anet dans le domaine de la Couronne. En 1317, ce dernier donna la châtellenie d'Anet en apanage à son fils aîné, Louis de France, comte d'Evreux. De Louis, comte d'Evreux, Anet passe à Philippe son fils aîné, qui devient roi de Navarre sous le nom de Philippe III. Ce prince eut pour successeur à la seigneurie d'Anet son fils aîné, Charles le Mauvais, comte d'Evreux, qui devint roi de Navarre en 1349. La seigneurie d'Anet sortit des mains de Charles, roi de Navarre, et passa à Louis, son frère puiné, auquel il le donna en apanage. Anet ne resta pas longtemps entre ses mains, parce que Louis donna Anet en gage au roi de France Charles V contre le prêt de 50 000 florins. Louis étant mort sans laisser d'enfant, Charles V confisqua la chatellenie d'Anet sur le roi de Navarre et le fît en grande partie raser. En 1404, Charles III de Navarre céda définitivement au roi de France les comtés d'Evreux, de Mantes ainsi qu'Anet. En 1447, Charles VII, en récompense des services que lui avait rendu Pierre de Brézé, comte de Maleuvrier, grand sénéchal de Normandie, en chassant les Anglais de cette province, lui inféoda entre autres, la châtellenie d'Anet. Pierre de Brézé fut tué à la bataille de Montlhéry en 1465 et son fils Jacques lui succéda. En 1462, il avait épousé Charlote de France, sœur naturelle du roi Louis XI et fille de Charles VII et d'Agnès Sorel. À sa mort, Louis de Brézé devint propriétaire d'Anet. Louis se maria en secondes noces le 29 mars 1514 à l'âge de 55 ans, avec Diane de Poitiers, née le 3 septembre 1499 (elle a donc 15 ans). Diane, que l'on appelle souvent la grande sénéchale avait 32 ans quant Louis de Brézé mourut le 23 juillet 1531.
Diane posséda Anet jusqu'à sa mort le 25 avril en 1566. En 1535, elle devient la la favorite du futur Henri II ; lorsque celui-ci monte sur le trône en 1547, il la couvre d'éclatantes faveurs : il lui offre Chenonceaux, lui donne le titre de Duchesse de Valentinois et, à partir de 1550, fait reconstruire Anet par trois des plus grands artistes du siècle : l'architecte Philibert Delorme, le sculpteur Jean Goujon et le peintre Jean Cousin. À la mort de Diane, Anet revint à sa fille, Louise de Brézé, Duchesse d'Aumale, puis à son fils, Charles de Lorraine. Par lettres patentes du roi Henri III, données en février 1583, la châtellenie d'Anet fut érigée en Principauté. Charles de Lorraine s'étant révolté contre Henri IV, Anet fut confisqué puis remis à une créancière de Charles, Marie de Luxembourg, duchesse de Merceour. Elle l'offrit en 1592, sa fille unique Marie-Françoise de Loaraine qui épousa en 1609 César, duc de Vendôme, fils de naturel d'Henri IV et de Gabrielle d'Estrées. A la mort de César en 1667, Anet revint à son fils Louis, puis à son petit-fils Louis-Joseph de Vendôme qui fit don de la Principauté d'Anet à son épouse , Mademoiselle d'Enghein, Marie-Anne de Bourbon-Condé. À sa mort, elle échut à sa sœur, Anne-Louise-Bénédicte de Bourbon, Duchesse du Maine. En 1750, celle-ci fit don de la principauté d'Anet et du Comté de Dreux à son fils Louis-Auguste de Bourbon, prince de Dombes. A sa mort en 1756, son frère Louis, le Comte d'Eu, devint propriétaire d'Anet. Il le vendit à Louis XV mais se réserva l'usufruit jusqu'à sa mort en 1775. À cette date, le roi Louis XVI, devint propriétaire d'Anet mais le céda la même année moyennant arrangement à Louis de Bourbon, Duc de Penthièvre, grand amiral de France. Le Duc de Penthièvre fut le dernier seigneur d'Anet. Il mourut en 1793.